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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 16:34

zadblog 

 

 

Décidément, le changement c'est frappant, c'est étonnant, ça change comme changement ! c'est plus vraiment le changement comme avant, ou finalement ça n'est pas pour tout de suite, c'est maintenant du changement qui change pas grand chose, qui change pas suffisamment pour qu'on sente la différence, du changement qui fait que l'après va encore falloir attendre, qui fait qu'on ne sait plus trop où est maintenant entre avant et après, du changement avec du maintenant qui n'est pas en ce moment, c'est encore pas le bon moment, c'est pas le moment de tout changer de ce qui allait à peu près pas trop si mal, de ce qui allait dans le bon sens, le sens des affaires et des visions d'avenir raisonnées. On ne doit pas aller trop vite dans le changement, faut changer tout doucement, faut que ça se voit à peine et là c'est réussi puisqu'on voit pas franchement ce que ça change.

En fait, on voit surtout que rien ne change, que c'est comme d'habitude, on se doutait bien un peu que ça risquait pas de trop changer, on a l'habitude de se faire refiler du changement qui ne vient pas, du changement qu'on nous promet, qu'on nous vend, qu'on nous bourre bien dans le mou mais qui fait que c'est pareil que toujours la même chose. Maintenant, que rien ne change n'est pas vraiment inattendu, quoiqu'un peu désolant, on n'a pas pu s’empêcher cette fois aussi de vouloir y croire un peu. Maintenant on sait qu'on s'est encore bien fait bourrer le mou, que comme chaque fois qu'on nous fait miroiter du changement on peut pas se raisonner, se rappeler qu'on nous l'a déjà faite celle du changement qui va tout transformer dès que demain sera maintenant. On se laisse chaque fois bourrer le mou, on a le mou tellement bourré que ça réagit plus dedans, c'est du tout mou poussif, qui pense mollement, trop lentement pour être conscient qu'on lui a déjà fait le coup du changement, qu'on lui en a déjà tant bourré en dedans que le ramollissement est général, qu'on peut y bourrer n'importe quoi sans que ça résiste beaucoup, on a le mou qui se laisse bourrer parce que ça rentre dedans comme dans du beurre.

On a le mou comme un gros tas de beurre fondant, on a le mou qui fond chaque fois qu'on lui brandit du changement, on a le mou qui a tellement envie de se faire bourrer du changement qu'il réussit à se convaincre que cette fois c'est la bonne, que cette fois il va se le sentir bien à fond le changement, profond, que maintenant ça sera clairement autrement que le changement d'avant, qu'il y aura le mou d'avant et le mou d'après, que ça va sérieusement lui mettre un coup de fouet au mou, on ne peut cesser d'espérer que ça finira par changer parce qu'on a le mou qui sait plus se durcir.

Alors oui oui, on nous dit d'être un peu patient, qu'on peut pas tout changer d'un coup sinon c'est du changement qui tourne au grand bouleversement, et c'est pas ça qu'on nous a promis, d'ailleurs on ne nous a jamais caché dans le bourrage de mou qu'on pouvait pas tout changer d'un coup, qu'il faudrait que maintenant ça dure assez longtemps pour pouvoir changer les choses graduellement afin que ce soit durable. Durable on nous refile le changement, on nous remet une couche de précautions indispensables pour éviter les écueils d'un changement trop rapide et les dangers inhérents au trop grand bouleversement qui risquerait de tout chambouler, qui pourrait virer au grand chambardement. Même maintenant on ne peut pas se permettre de tout chambouler sans risquer de nuire au système, et c'est à l'intérieur du système qu'on veut que ça change, le changement c'est pas de chambouler le système, le système c'est tout le temps qu'on doit rien y changer, on doit rien changer au système, juste faire un peu de changement dedans, dès maintenant, mais en prenant le temps qu'il faudra pour changer les choses dans le système sans risquer de le chambouler.

Ça, on nous a bien bourré le mou avec le système et là-dessus rien ne change, on continue à bien nous le bourrer au fond du dedans le système, l'évidence du système, la beauté, la grandeur du système, le système qui est le système tel qu'il est parce qu'il n'y a pas d'autre modèle crédible de système, on nous bourre bien le mou qu'il n'y a pas d'autre système possible, que le monde fonctionne pratiquement à peu près bien grâce au système tel qu'il est dans son omnipotence, son omniscience, le divin système parfait.

Alors certes, on veut bien concéder qu'il y ait quelques inconvénients au système, qu'il puisse y avoir des imperfections dedans qu'il convient de changer, qu'on peut peut-être apporter quelques améliorations aux choses qui ne vont pas dans le système, mais il convient de ne pas se précipiter, de savoir attendre le bon moment, de savoir reculer pour mieux sauter, attendre que le maintenant soit propice à amorcer un peu de changement pas trop excessif, par touches parcimonieuses, juste du subtil petit changement tellement discret que ça ne bouleverse rien, que ça ne fait pas trop la différence, qu'il n'y a pas de quoi remettre le système en question puisque presque rien n'a changé depuis que le système est ainsi et que ça ne l'empêche pas de fonctionner à peu près pas trop mal.

Et il ne s'est pas fait en un jour le système, ça a été des siècles d'ajustements, de mises au point, c'est aussi pour cela que le changement maintenant prend tant de temps qu'on a le sentiment que c'est toujours pareil. Toujours la même chose, les mêmes inconvénients inhérents au système avec les risques que cela comprend, les imperfections indépendantes de la volonté du système, les effets secondaires indésirables du système qu'il convient de supprimer en prenant le temps d'une étude exhaustive de tous les facteurs afférant au système, une étude qui ne saurait se faire en un jour. Une étude confiée à une commission chargée de définir les limites tolérables d'un changement qui ne nuirait pas au ratio bénéfice/risque, une commission déjà à pied d’œuvre pour définir quel serait le maintenant le plus propice à quelques ajustements dans le système pour amener un changement pas trop bouleversant.

Il faut laisser du temps à maintenant, maintenant c'est pas instantané, ça se fait pas juste en claquant des doigts ou en rangeant les matraques, ça peut pas simplement être on stoppe les inconvénients inhérents à l'exercice démocratique du système. Force est à la loi et la loi c'est la force, c'est la force de l'ordre, la loi c'est l'ordre et on ne va pas remettre l'ordre en question, on ne veut pas de désordre dans le système, ça chamboule tout le désordre, le désordre c'est pas le bon changement. Si on laisse s'installer le désordre, les choses ne vont plus aller dans le bon sens, dans le sens des affaires et des visions d'avenir immobilistes, les choses doivent aller dans le sens des affaires et c'est pour ça qu'il ne faut rien bouger dans l'ordre du système. On doit juste changer les choses sans les faire bouger, c'est pourquoi maintenant est un peu plus long que ce qu'on pourrait espérer. Maintenant c'est un peu plus demain chaque jour simplement parce qu'on prend le temps de changer les choses sans faire bouger les lignes, sans bouleverser le sens du système qui est aussi celui des affaires et des visions d'avenir passéistes.

Mais lorsque demain sera maintenant, là on va voir ce qu'on va voir, on va voir qu'on a bien fait de prendre son temps pour lancer le changement, qu'on a bien fait de ne pas se précipiter tête baissée dans des réformes trop ambitieuses pour un changement durable qui soit de l'ordre du système. Les réformes doivent se faire mais pas toutes en même temps, il faut réformer graduellement et observer si la réforme ne perturbe pas le système qui l'engendre et on n'hésitera pas si c'était le cas à réformer la réforme, à mettre une nouvelle réforme en place et si l'on constate que cette réforme ne change rien au système, qu'il reste pérenne malgré la réforme, il sera toujours temps de passer à la réforme suivante, mais toujours sans précipitation. La mise en place d'une réforme peut prendre des années et c'est pour cela qu'il convient de maintenir en place aux commandes du système l'équipe qui l'a engagée afin de pouvoir pleinement en apprécier tous les bénéfices. Seul un changement mené sur la durée peut permettre que maintenant puisse un jour être maintenant durablement, que maintenant puisse être tout le temps, qu'on puisse se conserver le maintenant suffisamment longtemps pour que ce soit le même changement durablement dans le système sans gêner le sens des affaires et les visions d'avenir conservatrices.

Être dans le sens des affaires c'est aller vers la croissance, il faut que maintenant ça change pour croître durablement dans le système, que les réformes ne se fassent pas en dépit du bon sens. Qu'on n'aille pas attacher la charrue avant les bœufs quand on a de si beaux tracteurs. Faut qu'elle dure la croissance, qu'on la conserve dans l'avenir sans vision rétrograde et c'est bien là l'objet de toutes les réformes à engager graduellement pour amener le changement dans les mentalités qui ne saisissent pas encore toute la beauté du système, parce que ça manque encore un peu de bourrage dans le mou. C'est pourquoi l'équipe au commande va présenter un arsenal de mesures destinées à favoriser une plus grande efficacité du bourrage de mou, en luttant notamment contre les stéréotypes et lieux communs qui dénigrent la valeur du système et lutter contre les a priori à l'égard de l'exercice musclé du maintien de l'ordre et la répression systématique à toute forme d'opposition ou de contestation portée contre les réformes en cours.

D'ailleurs on n'a aucune raison de contester le changement si ça n'est pas encore maintenant, on ne peut décemment pas contester la pertinence de réformer durablement les choses dans l’intérêt de la croissance dès lors que l'équipe en place garantit, qu'avec le temps qu'il faudra pour que ça soit maintenant, la réforme finira par porter ses fruits et qu'on verra bien alors la différence. S'opposer aux fruits de la croissance est tout à fait déplacé dès lors qu'il est admis par le bon sens commun des affairistes que c'est ainsi que le système fonctionne déjà pas trop si mal et que c'est s'arrêter à des considérations oiseuses sur l'environnement ou la qualité de vie qui est une vision rétrograde sans avenir propre aux dangereux alarmistes radicaux qui remettent en cause la pertinence du système.

Or, toute la beauté du système réside dans le fait qu'il ne saurait être remis en question puisqu'il relève de toute éternité, ou presque selon les plus fines estimations. Le système s'est fait tout seul, il ne doit rien à personne, il s'est naturellement mis en place dans le mou et n'a jamais changé. Les civilisations, les hommes, les équipes aux commandes se sont succédés, ont pu réformer plus d'une fois les choses, changer plusieurs fois la façon de conduire les affaires dans le bon sens, mais sans jamais écorner le système.

Le système repose sur la loi du plus gros, du plus fort, du puissant, la loi de qui impose son ordre, qui donne les ordres, qui définit le désordre. C'est loi de la jungle plutôt que loi de l'évolution. Le système se contrefout de Darwin, le système ne cherche pas à s'adapter, il nous contraint à nous adapter à ce dont il faut se contenter comme qualité de vie, à adapter l'environnement, à adopter les bonnes résolutions pour se laver les mains, afin de pouvoir assécher les zones humides pour poser ses gros avions.

Maintenant c'est le changement pour le mou, on va nous réformer le mou, on va graduellement nous bourrer de changements, on va nous faire nous adapter à ce qui ne peut pas changer, nous faire adopter le système, nous habituer à nous passer de ce qui manque, nous accoutumer à l'ordre du système et à sa marche croissant dans le bon sens des équipes qui s'affairent aux commandes. On va nous rembourrer le mou pour nous endurcir, nous faire subir sans broncher, nous contraindre sans rébellion.

Le changement c'est désormais maintenant c'est ainsi, c'est comme ça et pas autrement et faudra bien s'y faire, c'est on ne change pas une formule gagnante quelle que soit l'équipe aux commandes, c'est marche ou crève, ferme ta gueule ou cause toujours, démocrature ou ploutocratie, cherche du travail plutôt que d'aller à pôle-emploi, aide-toi le ciel est par dessus le toit, après la nuit le soleil, une hirondelle ne fait pas les soldes au printemps, ne demande pas ce que le système peut pour toi mais ce que toi tu vaux pour le système, demande-toi si tu veux vraiment accueillir toute la misère du monde et les Rroms en bas de chez toi près de ton poulailler et de tes filles, te passer d'électricité pour faire rouler ta voiture au nucléaire durablement, si tu devrais pas arrêter de fumer plutôt que de pester contre les gaz d'échappements, les marées noires, le PCB dans les rivières, le DDT sur les fruits, la DST sur ton dos. C'est maintenant le changement du mou, du mi-mou, du ni oui ni non, du sans opinion, va falloir y croire à la croissance, la croissance à tout prix, la croissance dans la peau, va falloir l'aimer, ou la quitter.

 

AArrrffff !!!

 

(Courage les Camilles !!!)

 

 

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Ollivier Desmarais
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commentaires

Cadillac footwear 08/08/2014 09:53

A normal person would get confused seeing the number of times the word “change” has appeared. As far as I am concerned change is in evitable , it si the only thing which makes us realize we are just human ion this earth with a very short life span.

zadiste 12/12/2013 17:28

zad partout

Laure 24/03/2013 19:15

Bonjour,

La classe de Terminales CGEA/LCQ est heureuse de vous inviter à la représentation de son projet artistique de l'année,

Conte Musical ''LE CHAPERON EN CAVALE''

jeudi 28 mars 2013 à 16h

Amphithéatre du lycée Beauregard.

Merci de votre réponse!
Cordialement,

Laure PITIOT
Education Socio Culturelle
Lycée Agricole Beauregard
Villefranche-de-Rouergue
12, AVEYRON

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  • : Ollivier Desmarais né vingt ans et quelques heures après Nagasaki, s'accorde rapidement le droit de protester. Poésie, performances et création plastique.
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