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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 13:31

 

 

 

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Perdre un sourire, un regard et l'envie de rigoler. Un rire qui n'éclate plus. L'éclat d'une voix qui ne grondera plus. Une belle parole perdue au silence. Du silence qui va faire mal, longtemps, en écho. C'est la résonance du vide, d'un creux dans l'air. Un trou qui s'ouvre dans le tissu de nos liens. Une déchirure de l'étoffe affective. C'est perdre de l'étoffe, un sien de notre étoffe. C'est je me souviens, te souviens-tu, vous vous rappelez ? C'est il y a une fois, ou une autre aussi et celle où... Du vivre partagé qui remonte en surface, un peu de lutte ensemble qui se fait nostalgie, une place vide à la table des refontes du monde, un découvert en trop à la caisse commune de nos convictions. C'est de l'absence qui est bien là, de l'absence qui s'installe et prend ses aises, c'est un malaise, un mal être, égarer une partie de nos êtres, un peu de soi, un peu de nous, l'important de nous, une part du meilleur en nous. C'est nous raconterons, nous le conterons, nous nous compterons. Il comptait pour nous, il comptait sur nous. C'est ne jamais oublier de se souvenir, toujours se souvenir de ne pas oublier.

 

 

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Ollivier Desmarais
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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 10:59

 

 

 

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Vous savez, on ne peut ignorer qu'il y a comme un malaise, on ne peut négliger qu'il y a comme une gêne, un petit quelque chose qui met mal à l'aise, c'est tout petit, c'est criant d'insignifiance mais c'est là, ça sature l'espace de médiocrité, ça rabaisse le débat au plus bas, ça plombe dans la fange,

 

vous savez on n'en est pas tout de suite conscient mais c'est là à agacer comme une sonnerie aiguë qui même lointaine empiète sur le calme, le mauvais pressentiment d'une impression de déjà-vu, l'appréhension d'une alarme trop tardive,

 

vous savez l'angoissante sensation que ça recommence encore, que c'est fait pour toujours recommencer, qu'on n'en viendra jamais à bout de cette ignoble petite fanfare morbide, le crin-crin discordant du conservatisme sclérosant, la règle des castes en échec de la lutte des classes,

 

vous savez cette chienlit oligarchique qui reprend toujours les commandes sous les traits d'une autre marionnette gigotant dans l'esprit puant de l'époque pour satisfaire les grands, les décidants, les auto-proclamés importants,

 

vous savez on peut toujours s'égosiller on devra quand même rendre gorge, se déchirer la gueule à ne rien faire entendre, le bruit des bottes reste plus puissant, plus entraînant pour la masse,

 

vous savez c'est si facile de mener les moutons vers l'abattoir, un seul suffit que tous suivront, matière grise molle qui se précipite dans l'entonnoir,

 

vous savez c'est comme un moteur qui se serait emballé, qui hurlerait son rugissement affolant sans qu'on ne puisse l'arrêter avant qu'il ne bloque en grippant,

 

vous entendez ça fera un terrible glapissement d'acier qui se déchiquette en crissant sur les dents, un vacarme si douloureux qu'on l'entendrait encore des siècles plus tard s'il reste des survivants, vous savez c'est aussi grave que ça.

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Ollivier Desmarais
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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 16:53

 

cons de droites

 

Le problème c'est qu'il y a des gens qui pensent que c'est comme ça et pas autrement et tu peux pas leur faire admettre le contraire ; tu vois, le problème c'est que c'est des gens qui peuvent pas admettre que ça puisse être comme-ci ou comme-ça ou un peu des deux ou encore différent mais pour eux pas question, c'est noir ou c'est blanc ça fait pas dans la demi-teinte c'est bien bien clair dans sa façon de voir et ça aime pas trop les nuances ; tu vois, le problème, c'est que c'est difficile de faire appel à leur intelligence parce que toi ils te prennent pour un con ou un anarchiste ou un fou dangereux ou que tu peux pas être sérieux, et qu'un chat est un chat, qu'il n'y a pas de fumée sans jeune, que la nuit ils sont tous très basanés ; le problème, tu vois, c'est qu'ils sont tout gris dans leur tête, au dedans de leur tête c'est d'un tout gris bien sinistre, vaguement pisseux, un gris de saleté, un gris crasseux, un gris qui n'est pas une couleur. Tu vois, le gris dans les têtes c'est le problème, c'est le gris qui déborde dans le regard des gens qui ne veulent pas voir que ça puisse être autrement que comme ça, c'est du gris comme une pollution qui ronge dans leur tête comme ça ronge la pierre et ils ont beau avoir la tête dure ça leur grignote l'esprit, ça leur bouffe la pensée, ça érode le cerveau et il ne reste rien pour réfléchir. Tu vois, c'est des gens qui ne veulent pas vider le gris qu'ils ont dans la tête, ils veulent garder leur gris dans les yeux pour pas voir que tout est pas juste noir et blanc, c'est des gens qui perdent pieds dans leur tête érodée s'ils peuvent pas s'accrocher à leurs convictions gris sale, c'est des gens qui veulent pas essayer de lâcher prise, qui veulent pas perdre ce qu'ils croient être leur emprise sur le monde. Le problème c'est que c'est un sale gris qui tend vers le vert-de-gris et ça ça sent pas bon, ça altère les perceptions, ça trouble la vision, tu vois c'est un sale gris qui se transmet par leurs mots, c'est un sale gris qui peut vite infecté d'autres têtes, c'est un sale gris de voir les choses qui facilite bien les choses à certains. Le problème c'est que c'est du sale gris tu vois, qui coule dans les urnes, qui devient reconnu comme une vraie couleur défendable, c'est du sale gris que beaucoup de gens ont dans la tête depuis longtemps, qui macère toujours au fond des têtes et qui s'épanche dès que l'ambiance s'y prête. Tu vois, le problème c'est que plein de têtes ont ce gris sale dedans, que beaucoup ne cesseront jamais de garder leur gris bien au fond parce que c'est comme ça et pas autrement. Tu vois le problème c'est que c'est des gens qui aiment juste leur gris, le gris sale d'être eux, leur gris jaloux des autres couleurs, leur gris bien égoïste qui fait pas dans la nuance, qui aiment pas les mélanges, qui veut pas s'mélanger, du gris qui veut tout en gris, qui veut pas savoir qu'il y a d'autres couleurs, qui ne veut pas en entendre parler, qui voudrait éradiquer les autres couleurs, qui veut les effacer. Tu vois le problème c'est que c'est du gris qui a oublié qu'il a été multicolore à un moment, c'est du gris qui a renoncé à ses couleurs pour choisir un drapeau, qui préfère penser en gris en masse, une masse bien grise, uniforme, dénuée d'individualité, une matière grise sans esprit. Le problème tu vois c'est que c'est indélébile, c'est du gris qui s'efface pas, qui revient toujours à la surface, qu'on parvient pas à repeindre, qu'on ne parviendra jamais à recouvrir, qu'on ne sait pas lessiver. Un gris qu'on ne parvient pas à détruire. Un gris éternel.

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Ollivier Desmarais
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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 14:41

 

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Nous sommes tout à fait médiocres. L'humanité prolifère grouillante sur une insignifiante planète, au jour d'une étoile quelconque en un coin paumé d'une galaxie anodine dans un négligeable macrocosme qui les compte par milliards.[...]On a foutrement pas le moindre motif de s' la péter du genre, y' a vraiment pas d' quoi la ramener, y' a pas de quoi faire une thèse, pas d' quoi y passer trois plombes lorsque ça fait des milliers d'années qu'on plante la zone. On est des fouteurs de zone de première, partout où la main de l'homme a mis le pied on a tout bouleversé, on a tout mis en morceaux, on a tout réduit en miettes, on laisse tout en lambeaux, on est une bande de chiens de pourceaux enfermée dans la ménagère à mémère. On est un troupeau de gros culs ne songeant qu'à s'assoir sans regarder dessous. Notre prédisposition à la dévastation est illimitée et impossible à stopper. On foutra tout en l'air jusqu'à la fin, jusqu'au dernier débris brisé, la dernière petite crotte humaine, on va gratter tout jusqu'à l'os puis on se disputera les carcasses, on fera une dernière grosse fête pan-pan. Puis ça s'éteindra comme un pet humide. Négligeable. On est tous responsables. On a tous une part de culpabilité. On ne mérite aucune clémence. L’exécution ne sera pas reportée. Il n'y aura pas de grâce. Aucune bienveillance. Parce qu'on merde tous. Qu'on a tout merdé. On a tous merdé. On finit tous par merder. Tout finit par merder c'est simplement physique. La physique confirme que tout finit par merder. On a écrit des lois de physique qui expliquent que tout finit par merder. On a mené des expériences très embêtantes tendant à prouver selon des protocoles reconductibles en divers laboratoires le fait que tout finit par merder, qu'y a des limites à la taille d'un château d'sable, qu'y finit toujours par y avoir un grain de trop sur le pâté, qu'on peut pas empiler à l'infini des canettes ou les conneries et qu'il y aura toujours une goutte pour faire déborder le vase. Pour faire déborder la vase du gros gros emmerdement. C'est obstinément c' qu'on fait. On est fan d'entropie. On jette des grains sur le pâté pour le voir s'effondrer. On attend pas de voir la marée monter. On empile les bières ou la camomille en se dépêchant de rien bien faire pour voir si ça se casse la gueule. Et on veut pas voir que ça nous tombe sur la gueule, dans la gueule, qu'on va vraiment s'en prendre plein la gueule. On va déguster, on va super morfler, on a pas fini d'chialer, on va plus beaucoup s'marrer, ça fera plus HAHAHA, on va se faire drôlement dégrader la notation. On va être salement à la baisse. Va falloir retourner dans le rang, revenir à la base, au primitif. On va se refaire une cession macaques crétins avant que ça foire bien. On doit pas espérer que ça finisse vite. On peut s'attendre à ce que ça s' traîne. Ça va être long con et chiant, brutalement pas terrible, totalement merdicatoire... Au mieux.

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Ollivier Desmarais
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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 16:40

 

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P'tain ça déboule de partout ! Ça pleut comme vache qui pisse ! En abondance ça neige ! Ça slotche ! C'est bien collant ! On en a plein les pattes ! Ça nous colle aux basques ! C'est grouillant, c'est ça, ça grouille ! Ça pullule ! Ça fourmille ! De l'asticot qui se tortille ! Ça regorge ! Ça dégorge ! C'en est gorgé ! Partout partout t'en as ! T'en a des tas ! Des tonnes ! Ça détonne du reste ! Ça reste étonnant ! On tâtonne à saisir ! On peut pas saisir ! C'est insaisissable ! C'est pas rattrapable ! Ça peut pas s'éviter ! C'est là partout et tout le temps ! Tout le temps tout le temps t'en as ! T'en as jusque là ! À force presque ça étouffe ! Ça suffoque ! On en perd le souffle ! Ça nous étrangle ! On est asphyxié ! Pas moyen de se faire entendre ! On est bâillonné ! Muselé ! Censuré de manquer d'air ! Censuré parce que ça manque pas d'air ! Ça a peur de rien ! C'est prêt à tout ! Ça se reconnaît à ça ! Ça ose tout ! Ça a pas l'ombre d'une hésitation ! C'est certain ! C'est confit de certitudes ! C'est bouffi d'arrogance ! Ça se la pète carrément grave ! C'est du péteux qui se la pète ! Parce que c'est pas courageux ! C'est pas courageux mais ça la ramène ! Ça la ramène à tout bout de champ ! Ça la ramène en restant bien planqué ! Bien protégé ! Bien gardé ! À l'abri ! Tous aux abris dès que ça remue ! Dès qu'on remue trop à force que ça la ramène ! Que ça soit toujours à ramener sa fraise ! À nous prendre pour des pommes ! Nous prendre pour des buses ! À abuser tout le temps tout le temps et partout, ici comme ailleurs ! Ça a pas d'ici et d'ailleurs ! Ça a là et maintenant et pas plus tard qu'immédiatement çà et là ! C'est omniprésent nom de dieu ! Et ça pérore ! Et ça parade ! Ça se prétend ! Ça prétend savoir ! Ça prétend tout savoir ! Mieux savoir ! Savoir ce qui faut ! Ce qui faut faire ! Et comment le faire ! Que si on le fait pas ça fera pas l'affaire ! Que c'est comme ça et pas autrement qu'il faut faire ! Et qu'il faut s'y faire ! Qu'il faut s'y faire que ce soit pas fait autrement ! Que ce soit pas autrement, quoi ! Quoi qu'on en dise ce sera comme ça ! Comme ça veut ! Comme ça décide ! Ça décide de tout ! Tout et le reste ! Ça décide de ce qui reste ! De ce que ça laisse au reste ! Ça décide qu'on est le reste ! Ça décide des restes qu'on a ! Le peu qu'on a à chercher dans les restes ! Ça décide qu'on doit se contenter des restes ! Ça décide si on peut rester ! Ça dessoude ce qui doit pas rester ! Ça flingue ! Ça dézingue ! Ça rend dingue ! On en devient dingue ! Dingue de devoir rester de pas pouvoir partir ! Dingue de devoir partir quand on voudrait rester ! Dingue de devoir rester ici ou de devoir rester ailleurs ! Chacun chez soi ! À se disputer les restes ! Tout le peu qu'on aura pas ! Le peu qu'on a à peine ! Le peu qui reste à se disputer ! Ça force à se disputer les restes ! À se dresser les uns contre les autres ! Ça fout bien la merde pour qu'on se dispute les restes ! Ça pousse à l'affrontement ! À la confrontation ! Ça pousse à s'affronter ! Ça conduit au combat ! Ça fait du combat sanglant ! Du combat sans pitié ! De la vraie de vraie guerre ! La vraie guerre à accaparer les restes ! La vraie guerre où on est tué ! Où on se massacre ! Où on s'étripe ! Où on s'éradique en masse ! Où on est beaucoup à rester ! Puis ça se partage les restes ! Les restes qu'ils s'échangent ! Des échanges à faire fructifier les restes ! À faire des restes hors de prix ! Les restes qu'on aura hors de prix ! Les restes pour lesquels on s'est battu ! Comme ça il n'y a que des vaincus ! Perdants ! On est toujours perdants ! On est perdants contre les vrais gagnants ! On est juste des gagneuses ! On est à vendre ! On est en vente ! On est bradé sur le marché ! De la marchandise ! Marchandable ! Négociable ! On est des pauvres putes ! On est prostitué ! On est macqué ! C'est du proxo ! C'est du julot casse-crôute ! Du maquereau ! Du foutu barbeau ! Du hareng vicelard ! Du souteneur insoutenable ! C'est du maudit marlou qui fait ce qui faut pour qu'on se prostitue ! Ça avilie ! Ça dégrade ! Ça corrompt ! C'est complètement corrompu ! C'est totalement pourri ! Ça pourrit tout ! Les vrais de vrais pourris sont imputrescibles ! La vraie pourriture c'est ce qui reste ! Ne reste que la pourriture qui bleuit la terre !

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Ollivier Desmarais
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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 14:06

 

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Debout la d'dans bordel de dieu ! On se tient coi tous les qui, les quidams, les quelconques là, on s'tient droit, bien droit dans ses bottes, debout dans la crotte, bien bien alignés, pas une tête qui dépasse, pas une tête qui défrise, pas un poil de cul hors du slip, on déconne pas, a peux pus déconner, faut pas jouer aux cons, faut pas jouer les conscients, faut pas penser bien croire, pas accroire penser encore, on ferme sa gueule, on referme son clapet, on rabat son caquet, on cesse de caqueter, on cesse de jacasser, de cuicuiter, on cesse de se cuiter, on arrête les excès, on s'tient en forme pour bien crever, on s'protège la couenne pour bien bosser, bien s'palucher la valeur travail, bien s'user jusqu'à l'os, bien sucé jusqu'à la moelle, complètement pompé, vidé, pressé comme des citrons, faut s'cadavériser, se moribondiser, bien s'crever à la tâche, du bon tâcheron bien attaché à la machine, bien bien ficelé à la chaîne. Faut s'décoller du comptoir, se détêter du pétard, être sobre et chiant comme un chameau, mauvais comme des chameaux faut s'disputer l'boulot, faut s'encrister volontaire, se faire suer l'burnou, s'casser l'caillou, se dépasser ouais ouais, se surpasser, être compétitif à fond, rentable à fond de fond, se remuer le rendement, se défoncer le fondement, bien s'démener pour le patron, s'sortir les tripes pour l'actionnaire, le travail c'est la liberté, la liberté c'est l'esclavage, Arbeit macht frei ! On arrête les conneries avec ces histoires de liberté, de liberté de faire, de penser, de dire ! On n'est pas libre, on peut pas être libre ! La notion de liberté est une invention, une construction cérébrale branlante ! Ça branle salement du manche l'étendard de la liberté ! Elle est bien surveillée la liberté, bien encadrée. On est en liberté conditionnelle, la vie est une longue peine en liberté conditionnelle. La vie n'existe que sous conditions, qu'à condition de pas jouer au couillon ! Faut être bien bien conditionné ! Bien emballé ! Sous blister le p'tit travailleur, près à s'distribuer sur le marché ! Bien incarcéré dans le carcan ! De partout ça pond du p'tit travailleur à essorer, d'la p'tite travailleuse pré-harcelée, du p'tit salarié jetable ! Liberté de mes couilles ! On est même pas libre des couilles, pas affranchi des ovaires ! On doit croître et multiplier la masse à précariser, la masse mal salariée ! On ne décide pas de l'instant de sa naissance, on débarque de force, aux forceps on fouaille le ventre des femmes pour extirper du p'tit bosseur, on fourre les matrices à pondre d'la p'tite esclave, du misérable, du taillable et corvéable, de la viande à produire, d'la bonne chair à canon, d'la barbaque à taxations, du steak à exonération de charge, du hachis à planifier social, la bonne grasse farce à bourrer la bourse, à rembourser la dette ! On doit croître pour la croissance, se battre pour la croissance, aller la chercher avec les dents qui tombent, ouais ouais on y croit bien à la croissance, faut qu'ça croisse, faut y croire, allez allez on y croit ! On y croit qu'c'est bon comme ça, qu'on peut faire que comme ça, faire gonfler l'excroissance, bien bien gonfler la bulle, faut s'titiller la bulle, s'titiller la cerise, s'remuer le cul avant qu'ça pête, faut qu'ça spécule, faut qu'ça agiote, on s'agite bien les bourses, on fait monter la cote, on s'épargne pas, on n'épargne pas faut qu'ça boursicote, faut qu'ça traficote, faut qu'ça blanchisse ! Faut qu'on consomme, on est sommé de consommer comme des cons, du consommateur bien concon, bien cucul p'tit travailleur doit s'dépenser pour dépenser ! P'tit travailleur quand il a bien bossé, quand il a bien sué, bien mérité son salaire au lance-pierre, doit tout claquer, p'tit travailleur doit pas garder d'côté, c'est juste pour ça qu'on lui donne pas assez, p'tit travailleur y doit toujours manquer, y doit bosser plus pour gagner à peine assez, à peine assez pour pas pouvoir renoncer à bosser, à rouler sa bosse pour le boss ! Doit s'flexibiliser p'tit travailleur, être bien bien souple, bien bien mou du genou, bien courbé devant l'boss, à genoux pour le boss, doit ramper devant l'boss, s'humilier pour le boss, bien s'écraser devant le boss, bien le remercier de le faire bosser ! À quat'pattes devant l'maimaître, bon toutou p'tit travailleur, y donne bien la papatte, y met bien bien la main à la pâte, l'aura son susucre si y tire bien la langue, l'aura sa bonne grosse pâté si il en bave bien l'bon pépère ! L'aura des croquettes s'il bosse pépère jusqu'à la retraite, s'il se crève bien jusqu'à sa pt'ite retraite merdique, son bon p'tit minimum vieillesse qu'on continue à repousser, plus près de quand va crever qu'il aura sa retraite titi travailleur. Jusqu'au bout il l'aura dans l'nonos, c'est bien à fond dans l'cul qu'on lui met le nonosse à toutou titi travailleur, le bon gros nonos du boss, dans l'cul avec la carotte, dans l'cul avec le bâton, dans l'cul la balayette il l'aura p'tit travailleur, sera vite balayé dès qui sera en miettes, sera bien bien niqué p'tit travailleur par le bon maimaître, le bon big boss, le bon banquier, le bon zélu, sera bien baisé par la belle bande d'enfoirés, le beau gros tas d'enculés, bien débourré p'tit travailleur pour taffer pire qu'une mule, bien bâté p'tit travailleur, bon p'tit poney surchargé, bon p'tit cheval de trait, bien bien trait à fond l'bidet, bon canasson bien arnaché, bien cravaché jusqu'à l'arrivée, éperonné jusqu'au paddock, assez brisé, assez cassé, qu'on puisse l'achever le brave baudet, le bourricot efflanqué, la pauvre bourrique à équarrir !

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Ollivier Desmarais
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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 12:52

 

Temps de paroles, tant de paroles...

 

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Retour à l'essentiel...

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Ollivier Desmarais
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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 11:24

 

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Le croyez-vous ? Le plus lourd que l'air, ça ne marche pas. Il y a cinquante millions d'années, l'ancêtre du cheval, le sifrhippus sandrae rétrécissait avec la chaleur. La loi de la gravitation est une loi inique. Pour passer de la taille d’une souris à celle d’un éléphant, il faut compter 24 millions de générations. Que les petits bateaux aient des jambes ne garantit pas qu'ils aient pied. Les dinosaures avaient des puces géantes de deux centimètres capables de percer leur peau épaisse. Le flux et le reflux ont des conséquences essentiellement gastriques. Cachés dans le permafrost par des écureuils il y a trente milles ans en Sibérie, des fruits de silènes ont permis de faire renaître une petite plante à fleurs antédiluvienne. La théorie de la relativité se relate au conditionnel. Ce n'est pas Michael Jackson qui chante sur son album posthume mais un obscure Jason Malachi. Il n'y a pas de limite à l'extension des frontières. Bientôt des cacahuètes pour allergique. La marine à voile et à vapeur n'est pas une solution durable. Le boson de Higgs sera prochainement révélé. La réponse ultime pose énormément question. Les femmes venant d'ovuler sont imbattables pour détecter un serpent. L'homme semble fondamentalement bon mais certains morceaux sont coriaces. En 1965, Georges et Charlotte Blonsky ont déposé le brevet (n°3216423) d'une table d'accouchement rotative pour faciliter les naissances par l'effet de la force centrifuge. La fin de tout devrait précéder de peu le commencement de rien. Des SDF assurent le wifi des voyages d'affaires à Austin, Texas. Si les canapés lits, l'enfer gèle. Chez les drosophiles, les mâles repoussés sexuellement par les femelles sombrent dans l'alcool. La finalité de toute chose est d'arriver à terme. Un nain de jardin parcourt la terre pour mesurer la gravité. C'est lorsque cela ne sert strictement plus à rien qu'on se demande comment se rendre utile. Grâce à la force adhésive de Van der Waals, qui ne s'explique que par la théorie quantique, le gekko peut se suspendre au plafond d'un seul doigt. Dans le vide absolu, il n'y a pas de verres à moitié pleins. Au royaume des dinosaures, le légendaire tyrannosaure vient de se découvrir un petit cousin couvert de plumes. Le pourquoi et le comment n'intéressent guère les gens qui ne se posent pas de questions. Après une enquête sans précédent réalisée à la suite de 7 expéditions dans les entrailles du paquebot, le réalisateur a pu émettre sa théorie de la banane concernant le moment de rupture du navire. "Combien font 2+2, Winston, 3 ou 5 ?" Aucun homme n'est jamais assez fort pour ce calcul !

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Ollivier Desmarais
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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 15:11

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Il y a des gens. Des gentils. Des déjantés. Des gentiment jetés. Des gens disjonctés. Des gens au jus. Ça y'a du jus. Ça carbure bien. C'est une belle bande qui carbure. Le courant passe bien. Ça fait des étincelles. C'est des étincelles. C'est brillant. Éclatant. Ça s'éclate. Ça s'éclate la gueule. Ça se fend la pipe. Ça a la pêche. Une belle grosse patate. Ça s'casse le trognon. Ça s'donne de la peine. Ça peine. Ça rame. Ça peine à ouïr. Ça jouit sans peine. Ça se contente de peu. Ça profite de peu. Ça s'contente d'un rien. C'est du moins que rien. C'est beaucoup. Beaucoup de rien. Rien de rien. Du tout p'tit. Ça vit de peu. Ça vit un peu. De justesse. Limite limite. Comme sur un fil. C'est un peu de la vie. À peine. C'est de la survie. C'est des survivants. C'est des rescapés de la non-vie. Ça préfère crever que non-vivre. C'est hors la vie. Ça se tient loin de la vie comme elle va. La vie pas plus belle. Plus pas belle la vie. Moche moche moche. Pas glop pas glop. La vie comme elle va mal. Le mal vivre de ce monde. Ça s'exclut volontairement de ce monde. Ça ne tient pas à ce monde. Ce monde ne fait pas envie. Ce monde est invivable. Ce monde est empli de dorts-vivants. De morts-vivants. Ce monde vit à mort. Ce monde se meurt. Ça veut survivre à ce monde. Ça préfère crever que mourir pour ce monde. C'est pas du crevard. C'est pas des crevures. C'est pas encore à plat. Ça va pas se dégonfler. Ça se déballonnera pas. Ça se bidonne. C'est gonflé. Ça se laisse pas aplatir. C'est pas raplapla. C'est pas rataplan. Pas planplan. C'est debout. Ça tient debout. Ça se laisse pas faire. Ça se laisse pas manipuler. Ça se remue. Ça gigote. Ça se tortille. C'est des tordus du monde. C'est bancroche. C'est regardé de travers. Ça va de travers. Ça fonce à travers la non-vie de ce monde. Ça se glisse entre les lignes de ce monde. Ça franchit la ligne. Ça suit pas le tracé. Ça dépasse le trait. C'est à la marge. Ça se tient sur le bord. Ça déborde. Ça s'laisse pas engloutir. Ça se tient à l'écart du courant. Ça suit pas le courant. Ça avance à contre-courant. Ça marche pas dans le même sens. Ça se fout du bon sens. Ça prend les sens interdits. Ça prend ce monde à rebrousse poil. Ça se coiffe mal pour horripiler ce monde. C'est échevelé. Ça va pas chez le coiffeur. Ça lit pas l'express/le point/le figaro-madame/point de vue et image du monde chez le coiffeur. Ça a son point de vue sur ce monde. Tuons les coiffeurs ! Y'a le feu à ce monde. Ça veut pas se brûler à ce monde. Ça regarde ce monde de loin. Ça prend de la hauteur. Ça reste pas au ras des pâquerettes. Ça fauche pas les marguerites. Ça fauche des OGM. Ça s'laissera pas tondre. C'est pas des moutons. Ça bêle pas avec le troupeau. C'est pas grégaire. C'est en guerre. Ça fait froidement la guerre à ce monde. Ça a l'esprit chaud. C'est en surchauffe. Chaud bouillant. C'est bien chaud pour le combat. C'est prêt à se battre. C'est prêt à abattre ce monde. C'est prêt à le mettre à bas. C'est prêt à piétiner l'incendie de ce monde. Ça a des gros godasses pour mettre dans la gueule de ce monde. Pour casser les couilles de ce monde. Ça casse les couilles de ce monde qui les brise. Ce monde brise. Ce monde veut les écraser. Ce monde écrase les gentils. Ce monde ratatine les gens. Ce monde écrabouille. Ce monde met de grandes claques. Ce monde est une brute épaisse. Ce monde est ultra-violent. Ce monde est méchant comme une teigne. Ce monde est un dangereux parasite. Ce monde parasite. Ce monde s'accroche aux basques. Ce monde pèse. Ça en a plein le dos de ce monde. Ça en a ras la casquette. Ça en a trop plein le béret. Ras la crête. Ça se crêpe pas le chignon. Ça a pas les cheveux qui poussent en dedans. Ça s'accroche au dehors. Ça s'accroche en ailleurs. Ça se suspend de ce monde. Ça tient d'un cheveu. C'est au poil. Ça se prend pas la tête. C'est des mauvaises têtes. C'est des têtes qui dépassent. Des têtes qui se redressent. Roides. Des têtes dures. Des sacrées caboches. Ça laisse pas pisser. Ça se laisse pas pisser sur les pompes. Ça se laisse pas pomper. Ça s'laissera pas dire de pomper alors pompez ! C'est pas dans le truc. Ça se laisse pas truquer. Ça se laisse pas bluffer. Ça se laisse pas bourrer le mou. Ça prête pas le flanc. Ça s'bourre pour pas flancher. Ça se débourre du flan. Ça sera pas flamby. Ça se fera pas flamber. Ça se cramera pas au brasier du monde. Ça va juste souffler sur les braises. Ça va entretenir le feu. Ça va laisser se carboniser ce monde. Ça sautera par dessus. Ça va entretenir la flamme. Ça va gazer. Ça va dégazer. Ça va péter grave. Ça va pétuner. Ça va fumer ce monde. Ça va tout fumer velu. Ça va fumasser. C'est salement fumasse. Méchamment en rogne. C'est pas content. C'est méchant et pas content. C'est gentil mais faudrait pas pousser. Va falloir arrêter de les prendre pour des buses. Ça s'laissera pas abuser. Ça s'fera pas couillonner. C'est pas si couillon. C'est pas des cons. C'est juste des cons pour de sales plus gros cons. C'est un peu moins con. C'est déconné. C'est pas connecté. Ça veut pas de connections. Ça va déconner. Ça va grave déconniller. Ça va se déconnisifier. Ça va péter les câbles. Arracher des caténaires. Ça va couper les liens. Libérer les voix. Briser les menottes. Retrousser les manches. Lever le poing. Encore...

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Ollivier Desmarais
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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 17:16

état de la fRance 

À la gare. Des gens se tiennent l'oreille. Des gens parlent seul et fort. Des gens infligent aux autres l'inanité de leur demi conversation. Des gens veulent être joignables partout et tout le temps et par tous les temps. Des gens ne se prennent pas pour la moitié d'une merde.

Des gens marchent pour avancer comme on fonce, des gens ont l'air déterminé sur leur destination et leurs motivations, des gens ne semblent pas être là pour rigoler, des gens ont un train à prendre, des correspondances à assurer, des horaires à respecter, des engagements à tenir. Des gens sont costumés cravatés case-attachés. Des gens ont des sacs encombrants. Des gens tractent leur valise. Des gens tractent leur gamin réticent. Des gens tractent Kiki.

Des gens font un peu sous-gens à patrouiller armés. Des gens sont flics, des gens sont à béret rouge, des gens sont vigiles. Des gens sont contrôleurs, des gens sont nettoyeurs, des gens surveillent leur bagage, des gens signalent les colis suspects, des gens se rappellent qu'il est interdit de fumer, des gens mangent de coûteux mauvais sandwichs, des gens boivent des boissons bien trop chères, des gens renoncent à des bières au tarif prohibitif.

Des gens surveillent l'heure à leur montre, des gens vérifient à la pendule, revérifient sur une autre, rejettent un œil à leur montre. Des gens cherchent leur billet, des gens recherchent leur quai, des gens sont pressés d'embarquer deux minutes avant le départ du train. Des gens lèvent la tête à chaque cliquettement du panneau des annonces de retard.

Des gens sont beaux. Des gens ont des seins gros juste comme il faut ou moins ou trop, des gens ont du blond de cheveux et du bleu yeux ou pas. Des gens ont d'autres couleurs de peaux. Des gens sont de la région. Des gens ne sont pas d'ici. Des gens se croisent et se brassent, des gens s'embrassent, des gens se mêlent et démêlent la pelote d'ennuis du sang triste de la souche. Des gens ne s’embarrassent pas de considérations oiseuses sur le choc des civilisations.

Des gens vivent leur existence comme on court à cloche pied, des gens survivent comme sur un pas japonais, des gens ont une vie boiteuse, des gens n'ont aucune raison d'être enviés. Des gens tendent la main, des gens ont un petit panneau, des gens font la manche.

Des gens ne s'arrêtent pas, des gens ne veulent même pas voir, des gens subodorent qu'il s'agit d'un réseau organisé, des gens soupçonnent que des enfants sont à la rue pour attendrir, des gens veulent bien donner mais juste pour le chien, des gens ont l'indifférence négligente égoïste des grandes cités.

C'est comme partout, c'est l'état de la fRance.

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Ollivier Desmarais
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  • : Ollivier Desmarais né vingt ans et quelques heures après Nagasaki, s'accorde rapidement le droit de protester. Poésie, performances et création plastique.
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